PAN(NING) :
Clown Control Studies

Fernando Garnero

00:00 / 00:00

BarroQueer, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Corelli et Butler)

00:00 / 00:00

ClasSick, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Gluck et de Foucault)

00:00 / 00:00

ImpreZionism, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Debussy et d' Edward Saïd)

00:00 / 00:00

ModerNihilism, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Stravinsky et de L. F. Céline)

00:00 / 00:00

DodeCapitalism, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Schoenberg et de Fidel Castro)

Les classifications, les catégories, les listes, les inventaires et autres types de codification éveillent toujours mon intérêt. Peut-être pour l’effet de distanciation que produisent avec les objets désignés et, même, avec les signifiants qui les désignent.

Pour cette série d’études électroniques, j’ai décidé (j'ai du décider, à cause de la manque de temps et de la quantité d’activités à déployer dans ce temps si court) de délimiter un terrain de jeu volontiers restreint pour commencer, et une série de contraintes qui déterminent ce qui va suivre. Ici, partir de classifications amples, celles que dès qu'on les approche perdent tout leur sens. Là, d'en confronter deux, par paires. Ici et là :j’aime la dérision, le ridicule. On en perçoit les effets dans un symptôme (sinthome qui s’écrit, qui se sublime) qui consiste à appareiller des disparates dans un objet, dans une liste ou autre, et de leur créer un sens à force d’itération. En marchant j’ai trouvé une idée, une boutade qui s’est imposée et, désignant, a eu l’effet de déclencheur. La boutade nomme le premier des études : BarroQueer. Le nom déclenche. Ici, le nom m'a vite aidé à établir non seulement le point de départ, mais aussi les outils pour créer ces études. Là, il s’agit de confronter deux catégorisations qui pétrifient, en tirer deux exemples épitomiques et faire une incision. Ici et là, choisir deux échantillons audio, l’un d’une œuvre musicale et l’autre d’un discours, et d’égaler leurs courtes durées, ainsi conditionnant l’un par l’autre par cette logique névrosé de compter le temps. Un symptôme dont je n’arrive pas à me défaire. L'articulation de l’audio musical conditionne le recoupement d'une phrase : va trouver le sens. Et de toutes façons le son en créera un effet de sens, à force de répétition, d’itération. Ici, 8 secondes du final du Largo du Concerto Grosso en sol maggiore de Corelli. Là, une phrase tiré d'une conférence de Judith Butler où elle mêle anglais et français et prononce le mot français jouissance. Dans cette conférence elle parle de l'identité et de combien elle est fragile et de comment on joue le genre et de comment on le surjoue quand advienne l'angoisse provoqué par la perception de cette fragilité constitutive du processus d'identification avec ce genre que la culture nous impose. Ici et là, le fragment du Corelli est ce qu'on appelle nous les musiciens une cadence, dont une articulation, un point à part, une leurre de signification (puisque ça on le sait, les sons n'ont pas de sens, il n'y existe pas d’herméneutique possible pour le do-re-mi-fa-sol) et ce signe conditionne le découpage d’un extrait d’un discours plein de sens. Comme vous le voyez, à la fin, décider quoi et décider quel fragment m'a pris plus de temps que faire la pièce. Pas à la fin, puisque ce début était déjà la pièce. Mais j’ai donc passé pas mal des peu d'heures que j'avais à écouter des conférences de cette génie qui est Butler.

Mais au fond, on en cherche, on en fait -nous les occidentaux - du sens partout.

Pour moi ce qui a fait sens - un sens immédiat, fulgurant, révélateur - a été de restreindre toute l'action au fait de manipuler deux échantillons courts. Et la seule manipulation que je me suis permis ici, là, ici et là est de changer (dynamiquement, on dit nous, les compositeurs, nous qui sommes des personnes très surmoïques, et qu’aimons parler avec des mots raids, sublimes et épais comme le marbre d'une statue romaine), je disais avant ce grand détour, que la seule manipulation que je me suis permis est de changer la vitesse de lecture des échantillons et de produire cette manipulation - et celle du panning, c'est à dire du mouvement du son à travers les deux haut-parleurs avec lesquels vous écoutez - avec une seule ligne de commande.

La contrainte est aussi de partir du même patch - l'environnement de programmation dans le software avec lequel je compose ces études - et de lui ajouter une seule opération pour traiter la signal audio.

J’ai insisté avec la lettre C en 2020, l’oeuvre fini avant ses études s’appelle Contracolpo. Le nom de ceci, Clown Control Studies, est presque fortuit et réponds à ce caprice . Mais nommer est au fond est arbitraire, un caprice phonétique : ici, là, et ailleurs.

00:00 / 00:00

BarroQueer, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Corelli et Butler)

00:00 / 00:00

ClasSick, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Gluck et de Foucault)

00:00 / 00:00

ImpreZionism, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Debussy et d' Edward Saïd)

00:00 / 00:00

ModerNihilism, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Stravinsky et de L. F. Céline)

00:00 / 00:00

DodeCapitalism, 2020, Festival Actoral (avec des échantillons de Schoenberg et de Fidel Castro)

Les classifications, les catégories, les listes, les inventaires et autres types de codification éveillent toujours mon intérêt. Peut-être pour l’effet de distanciation que produisent avec les objets désignés et, même, avec les signifiants qui les désignent.

Pour cette série d’études électroniques, j’ai décidé (j'ai du décider, à cause de la manque de temps et de la quantité d’activités à déployer dans ce temps si court) de délimiter un terrain de jeu volontiers restreint pour commencer, et une série de contraintes qui déterminent ce qui va suivre. Ici, partir de classifications amples, celles que dès qu'on les approche perdent tout leur sens. Là, d'en confronter deux, par paires. Ici et là :j’aime la dérision, le ridicule. On en perçoit les effets dans un symptôme (sinthome qui s’écrit, qui se sublime) qui consiste à appareiller des disparates dans un objet, dans une liste ou autre, et de leur créer un sens à force d’itération. En marchant j’ai trouvé une idée, une boutade qui s’est imposée et, désignant, a eu l’effet de déclencheur. La boutade nomme le premier des études : BarroQueer. Le nom déclenche. Ici, le nom m'a vite aidé à établir non seulement le point de départ, mais aussi les outils pour créer ces études. Là, il s’agit de confronter deux catégorisations qui pétrifient, en tirer deux exemples épitomiques et faire une incision. Ici et là, choisir deux échantillons audio, l’un d’une œuvre musicale et l’autre d’un discours, et d’égaler leurs courtes durées, ainsi conditionnant l’un par l’autre par cette logique névrosé de compter le temps. Un symptôme dont je n’arrive pas à me défaire. L'articulation de l’audio musical conditionne le recoupement d'une phrase : va trouver le sens. Et de toutes façons le son en créera un effet de sens, à force de répétition, d’itération. Ici, 8 secondes du final du Largo du Concerto Grosso en sol maggiore de Corelli. Là, une phrase tiré d'une conférence de Judith Butler où elle mêle anglais et français et prononce le mot français jouissance. Dans cette conférence elle parle de l'identité et de combien elle est fragile et de comment on joue le genre et de comment on le surjoue quand advienne l'angoisse provoqué par la perception de cette fragilité constitutive du processus d'identification avec ce genre que la culture nous impose. Ici et là, le fragment du Corelli est ce qu'on appelle nous les musiciens une cadence, dont une articulation, un point à part, une leurre de signification (puisque ça on le sait, les sons n'ont pas de sens, il n'y existe pas d’herméneutique possible pour le do-re-mi-fa-sol) et ce signe conditionne le découpage d’un extrait d’un discours plein de sens. Comme vous le voyez, à la fin, décider quoi et décider quel fragment m'a pris plus de temps que faire la pièce. Pas à la fin, puisque ce début était déjà la pièce. Mais j’ai donc passé pas mal des peu d'heures que j'avais à écouter des conférences de cette génie qui est Butler.

Mais au fond, on en cherche, on en fait -nous les occidentaux - du sens partout.

Pour moi ce qui a fait sens - un sens immédiat, fulgurant, révélateur - a été de restreindre toute l'action au fait de manipuler deux échantillons courts. Et la seule manipulation que je me suis permis ici, là, ici et là est de changer (dynamiquement, on dit nous, les compositeurs, nous qui sommes des personnes très surmoïques, et qu’aimons parler avec des mots raids, sublimes et épais comme le marbre d'une statue romaine), je disais avant ce grand détour, que la seule manipulation que je me suis permis est de changer la vitesse de lecture des échantillons et de produire cette manipulation - et celle du panning, c'est à dire du mouvement du son à travers les deux haut-parleurs avec lesquels vous écoutez - avec une seule ligne de commande.

La contrainte est aussi de partir du même patch - l'environnement de programmation dans le software avec lequel je compose ces études - et de lui ajouter une seule opération pour traiter la signal audio.

J’ai insisté avec la lettre C en 2020, l’oeuvre fini avant ses études s’appelle Contracolpo. Le nom de ceci, Clown Control Studies, est presque fortuit et réponds à ce caprice . Mais nommer est au fond est arbitraire, un caprice phonétique : ici, là, et ailleurs.

  • Fernando Garnero, compositeur, Paris.
  • Fernando Garnero, composer, Paris.
  • Fernando Garnero, compositore, Parigi.