Memorie di buchi.
Di buchi, modi di dire, azioni artistiche Mémoire de trous.
Des trous, modes d’expressions et d’actions artistiques

Saverio Verini

Dans la langue italienne, le mot “buco” (trou) est souvent associé à l’échec : il est possible de “bucare un appuntamento” (manquer un rendez-vous), “bucare un obiettivo” (manquer un objectif), ou créer un “buco finanziario” (un trou financier). L’image d’un trou dans une chaussette, dans une chaussure, dans un vêtement est souvent associée à un état d’indigence ; c’est pour cela qu’il est nécessaire de “tappare i buchi” (boucher les trous), encore une fois pour reprendre une autre expression typique.

Pour définir une tentative infructueuse, on parle de “fare un buco nell’acqua” (faire un trou dans l’eau). Je voudrais partir de cela pour faire une brève incursion dans la relation entre les trous, l’art et l’échec. J’avais plus ou moins vingt ans lorsque je rencontrais cette image pour la première fois.

Nella lingua italiana, il termine “buco” è spesso associato al fallimento: si può bucare un appuntamento, un obiettivo, oppure creare un buco finanziario. L’immagine del buco in un calzino, in una scarpa, in un capo d’abbigliamento è associata spesso a uno stato d’indigenza; per questo i buchi vanno tappati, sempre per usare un’altra espressione tipica.

Per definire un tentativo andato a vuoto, si parla di “fare un buco nell’acqua”. Vorrei partire da qua per una meno che breve incursione nel rapporto tra buchi, arte, fallimento. Avrò avuto più o meno vent’anni quando incontrai per la prima volta questa immagine.

Gino De Dominicis, Tentativo di far formare dei quadrati invece che dei cerchi attorno a un sasso che cade nell’acqua, 1969, immagine trovata/image trouvée

Je ne me souviens pas si je l’ai vue projetée lors d’un cours d’art contemporain à l’université ou ailleurs, reproduite dans un magazine ou simplement en naviguant sur internet. Je ne prêtais pas particulièrement attention à la légende. Certains aspects m’ont immédiatement frappé, comme la silhouette sombre - presque irréelle - et cette posture, accroupie devant l’eau, en train d’observer des cercles concentriques formés à sa surface. L’image me détendait autant qu’elle ne m’agitait : qui était cette figure vue de dos, dans une pose néoromantique, que je me retrouvais à regarder avec la sensation de l’espionner dans un moment de grande intimité ? Qu’y avait-il de si mémorable dans ces ondulations d’eau ?

Je réalisais que le titre, dans sa littéralité prosaïque, était peut-être la meilleure façon d’entrevoir un sens à l’action : Tentativo di far formare dei quadrati invece che dei cerchi attorno a un sasso che cade nell’acqua (1969)1. L’auteur de la tentative était Gino De Dominicis (Ancône, 1947 - Rome, 1998) et l’image le still d’une vidéo dans laquelle l’artiste jetait dans l’eau, de temps en temps, de petites pierres, dans le but déclaré de modifier la circularité des ondes, en les transfigurant en formes carrées. Dépasser les lois de la physique ; subvertir la “perfection” du cercle en la renversant par celle du carré ; créer une dialectique entre deux formes archétypales et, en quelque sorte, complémentaires (le carré représente, entre autres, l’espace, la stabilité, la dimension terrestre ; le cercle, en revanche, rappelle le temps, la mobilité, la sphère céleste...) : Gino De Dominicis était en train de réaliser un exercice philosophique, un test empirique et plus seulement une spéculation conceptuelle.

Les images suggèrent que le miracle n’a pas eu lieu. Un échec, un trou dans l’eau : le même produit par la pierre jetée qui coule au fond. Mais De Dominicis - dont les recherches ont été constamment marquées par une attraction pour l’immortalité et un dépassement des limites imposées par l’ordre naturel2 - ne nous dit pas comment se termine l’expérience. La vidéo montre en effet les ondes en expansion, jusqu’à ce qu’elles dépassent le cadre de l’image. Nous le savons, bien sûr : nous savons ce qu’il adviendra de ces ondulations, mais nous ne pouvons pas nous empêcher d’espérer que la tentative dominicisienne soit couronnée de succès. La tentative de De Dominicis aurait-elle pu être le trou dans l’eau le plus réussi de l’histoire de l’art contemporain ?

Plus récemment, j’ai rencontré un autre “trou” réalisé par un artiste. Il s’agit d’une action de Cesare Pietroiusti (Rome, 1955), Senza titolo,3 présentée à plusieurs reprises, l’ultime - à laquelle j’étais présent - durant l’été 20194. Que faisait l’artiste ? Comme dans la Tentativo de Gino De Dominicis, l’idée part d’un geste simple - apparemment à la portée de tous - et en même temps radical : Pietroiusti commence par brûler une feuille de papier5, en partant du centre, et produisant ainsi une combustion contrôlée qui amène la feuille à se consumer lentement, du centre vers l’extérieur. L’action est répétée plusieurs fois de suite, sur différentes feuilles de papier : une fois que la feuille de papier commence le processus de combustion, l’artiste la place en position verticale sur une surface et laisse les événements suivre leur cours, jusqu’à ce que la flamme soit complètement épuisée. Tout cela se passe dans une pièce sombre : dès que le visiteur y pénètre, il réalise une expérience sensorielle désorientante, dans laquelle ses seules références sont l’odeur âcre de la fumée et l’aura rougeâtre générée par la combustion progressive du papier, qui produit des formes circulaires en expansion à la surface de la feuille. Comme un dessin créé par le hasard.

Non ricordo se la vidi proiettata durante una lezione di arte contemporanea all’università, o altrove, se riprodotta in qualche rivista o semplicemente navigando in rete. Non feci particolarmente caso alla didascalia. A colpirmi furono da subito alcuni aspetti, in particolare la silhouette scura – quasi irreale e “scontornata” rispetto al resto – e quella postura, accovacciata di fronte a uno specchio d’acqua, nell’atto di osservare alcuni cerchi concentrici formatisi sulla superficie. L’immagine mi rilassava e agitava allo stesso tempo: chi era quella figura colta di spalle, in una posa neoromantica, che mi ritrovavo a guardare con la sensazione di spiarla in un momento di grande intimità? Cosa c’era di così memorabile in quelle increspature d’acqua?

Realizzai che il titolo dell’azione, nella sua prosaica letteralità, era forse il miglior modo per infilarsi in un pertugio di senso: Tentativo di far formare dei quadrati invece che dei cerchi attorno a un sasso che cade nell’acqua (1969). L’autore del tentativo era Gino De Dominicis (Ancona, 1947 – Roma, 1998) e l’immagine lo still di un video in cui l’artista, di tanto in tanto, gettava dei piccoli sassi in acqua, con l’obiettivo dichiarato di alterare la circolarità delle onde, trasfigurandola in forme quadrate. Superare le leggi fisiche; sovvertire la “perfezione” del cerchio sostituendola con quella del quadrato; creare una dialettica tra due forme archetipiche e, per certi versi, complementari (il quadrato rappresenta, tra le altre cose, lo spazio, la stabilità, la dimensione terrestre; il cerchio, invece, richiama il tempo, la mobilità, la sfera celeste…): Gino De Dominicis stava svolgendo un esercizio filosofico, testandolo empiricamente e non soltanto sul piano delle speculazione concettuale.

Le immagini lasciano intendere che il miracolo non avvenne. Un fallimento, un buco nell’acqua: lo stesso prodotto dal sassolino lanciato che cola a picco sul fondale. Ma De Dominicis – la cui ricerca fu costantemente contraddistinta dalla tensione all’immortalità e al superamento dei limiti imposti dall’ordine naturale1 – non ci dice come va a finire l’esperimento. Il video, infatti, mostra l’onda che si allarga, fino a uscire dai limiti dell’inquadratura. Lo sappiamo, certo: sappiamo che fine faranno quelle increspature, ma non possiamo non sperare che il tentativo di De Dominicis vada a buon fine.

Che il tentativo di De Dominicis sia stato il più riuscito buco nell’acqua della storia dell’arte contemporanea?

In tempi più recenti, ho avuto modo d’incontrare un altro “buco d’artista”. Si tratta di un’azione di Cesare Pietroiusti (Roma, 1955), Senza titolo, presentata in più di una occasione, l’ultima delle quali – ero presente – nell’estate del 20192. Che cosa ha fatto l’artista in questo caso? Come nel Tentativo di Gino De Dominicis, l’idea parte da un gesto semplice – apparentemente alla portata di tutti – e insieme radicale: Pietroiusti comincia col bruciare un foglio di carta3 a partire dalla parte centrale, producendo una combustione controllata che porta il foglio a consumarsi lentamente, dal centro verso l’esterno. L’azione viene ripetuta più volte di seguito, su fogli diversi: una volta che il foglio comincia il processo di combustione, l’artista lo appoggia in posizione verticale su una superficie e lascia che gli eventi facciano il loro corso, fino al completo esaurimento della fiamma. Il tutto avviene in una stanza in penombra: non appena vi accede, il visitatore è sottoposto a un’esperienza sensoriale spaesante, in cui gli unici riferimenti sono l’odore pungente del fumo e l’aura rossastra generata dalla graduale combustione della carta, che produce delle forme circolari in espansione sulla superficie del foglio. Quasi un disegno voluto dal caso.

 

Il est curieux de voir qu’il y a des affinités et des divergences entre cette action et celle de De Dominicis. L’allumette de Pietroiusti est en quelque sorte la pierre De Dominicis : les deux sont des déclencheurs, des agents que l’artiste utilise pour changer un ordre donné (par ailleurs, les actions sont réalisées par un geste qui ne semble pas présenter une grande complexité). De ces deux objets une autre correspondance produit des effets analogues : des formes circulaires en expansion. De Dominicis et Pietroiusti, enfin, ont tous deux eu recours à l’énergie et à la force de deux “éléments”, l’eau et le feu.

Cependant, les intentions des artistes semblent diverger sensiblement. Alors que le “test” de De Dominicis va dans le sens d’une subversion miraculeuse, qui dépasse les lois de la physique, Pietroiusti semble embrasser ces mêmes limites. Senza titolo est, essentiellement, un travail sur l’entropie. L’idée de dispersion - à la limite de la dissipation ? - se manifeste également grâce à un aspect qui complète la performance. A la fin de l’action, une partie des feuilles de papier, brûlées et trouées en leur milieu, est offerte au public qui, une fois la lumière allumée, peut se rendre compte d’un détail. Chaque feuille de papier a été auparavant numérotée et "marquée" avec une légende détaillée :

questo disegno è, allo stato attuale, incompleto, e non può essere considerato opera d’arte a tutti gli effetti per completarlo il possessore si impegna a bruciare l’intero foglio ogni altro riferimento a questo disegno come opera d’arte va considerato non valido6

Un véritable contrat qui voit la réalisation ultime de l’œuvre d’art dans sa destruction, questionnant son statut et sa valeur économique.

Même la “durée ressentie” des deux interventions est presque antithétique : la performance de Pietroiusti est conçue pour se consommer - pour “brûler” littéralement - et a une échéance sans équivoque ; l’action de De Dominicis suggère plutôt un cycle étendu, vers une boucle infinie. Devant la Tentativo, on a l’impression d’une image éternisée. 

La distinction nette se joue également sur d’autres fronts : Pietroiusti semble mettre en scène un rituel archaïque, tandis que celui de De Dominicis semble plus proche d’une expérience scientifique rudimentaire ; les cercles produits par la pierre dans l’eau sont parfaitement ronds, tandis que les trous générés par la combustion du papier sont irréguliers ; la performance de Pietroiusti est physique, sensorielle, expérientielle, en quelque sorte relationnelle, tandis que celle de De Dominicis - non conçue en présence d’un public - a la bidimensionnalité d’une icône.

Différentes, mais au fond intimement liées, les deux actions ont à voir avec la (im)possibilité d’annuler l’entropie, avec l’imprécision et les limites qui caractérisent l’existence, avec les “trous” de l’être humain. Deux merveilleuses œuvres vivantes.

È curioso vedere come ci siano affinità e divergenze tra quest’azione e quella di De Dominicis. Il fiammifero usato da Pietroiusti è in qualche modo assimilabile al sasso “dedominicisiano”: sono entrambi degli inneschi, degli agenti di cui l’artista si serve per cambiare un dato ordine (oltretutto attraverso un gesto che non sembra presentare grandi complessità). Ed entrambi, altra corrispondenza, producono effetti analoghi: delle forme circolari in espansione. Sia De Dominicis che Pietroiusti, infine, hanno fatto ricorso all’energia e alla forza di due “elementi”, l’acqua e il fuoco.

Tuttavia, le intenzionalità degli artisti sembrano divergere sensibilmente. Mentre il “test” di De Dominicis va nella direzione di una sovversione miracolosa, che supera le leggi della fisica, Pietroiusti sembra abbracciare quegli stessi limiti. Senza titolo è, essenzialmente, un lavoro sull’entropia. L’idea di dispersione – al confine con la dissipazione? – è evidente anche grazie a un aspetto che completa la performance. Al termine dell’azione parte dei fogli di carta, bruciati e con dei vistosi buchi al centro, è offerta in dono al pubblico che, a luci accese, può rendersi conto di un dettaglio. Ogni foglio utilizzato è stato precedentemente numerato, firmato e “marchiato” con una robusta didascalia:

questo disegno è, allo stato attuale, incompleto, e non può essere considerato opera d’arte a tutti gli effetti per completarlo il possessore si impegna a bruciare l’intero foglio ogni altro riferimento a questo disegno come opera d’arte va considerato non valido

Un vero e proprio contratto che vede la realizzazione ultima dell’opera d’arte nella sua distruzione, mettendone in crisi lo statuto e il valore economico.

Anche la “durata percepita” dei due interventi è quasi antitesi: la performance di Pietroiusti è fatta per consumarsi – per “bruciare”, letteralmente – e ha un termine inequivocabile; l’azione di De Dominicis suggerisce invece una ciclicità espansa, tende a un loop infinito. Di fronte al Tentativo, si ha l’impressione di un’immagine eternata. 

La netta distinzione si gioca anche su altri ambiti: Pietroiusti sembra mettere in scena un rituale arcaico, mentre quello di De Dominicis appare più vicino a un rudimentale esperimento scientifico; i cerchi prodotti dal sasso nell’acqua sono di una rotondità perfetta, mentre i buchi generati della combustione della carta sono frastagliati e irregolari; la performance di Pietroiusti è fisica, sensoriale, esperienziale, per certi versi relazionale, mentre quella di De Dominicis – non concepita in presenza di un pubblico – ha la bidimensionalità di un’icona.

Differenti, ma in fondo affratellate, le due azioni hanno a che fare con la (im)possibilità di annullare l’entropia, con le imprecisioni e i limiti che caratterizzano l’esistenza, con i “buchi” dell’essere umano. Due meravigliose opere viventi.

Dans la langue italienne, le mot “buco” (trou) est souvent associé à l’échec : il est possible de “bucare un appuntamento” (manquer un rendez-vous), “bucare un obiettivo” (manquer un objectif), ou créer un “buco finanziario” (un trou financier). L’image d’un trou dans une chaussette, dans une chaussure, dans un vêtement est souvent associée à un état d’indigence ; c’est pour cela qu’il est nécessaire de “tappare i buchi” (boucher les trous), encore une fois pour reprendre une autre expression typique.

Pour définir une tentative infructueuse, on parle de “fare un buco nell’acqua” (faire un trou dans l’eau). Je voudrais partir de cela pour faire une brève incursion dans la relation entre les trous, l’art et l’échec. J’avais plus ou moins vingt ans lorsque je rencontrais cette image pour la première fois.

Nella lingua italiana, il termine “buco” è spesso associato al fallimento: si può bucare un appuntamento, un obiettivo, oppure creare un buco finanziario. L’immagine del buco in un calzino, in una scarpa, in un capo d’abbigliamento è associata spesso a uno stato d’indigenza; per questo i buchi vanno tappati, sempre per usare un’altra espressione tipica.

Per definire un tentativo andato a vuoto, si parla di “fare un buco nell’acqua”. Vorrei partire da qua per una meno che breve incursione nel rapporto tra buchi, arte, fallimento. Avrò avuto più o meno vent’anni quando incontrai per la prima volta questa immagine.

Je ne me souviens pas si je l’ai vue projetée lors d’un cours d’art contemporain à l’université ou ailleurs, reproduite dans un magazine ou simplement en naviguant sur internet. Je ne prêtais pas particulièrement attention à la légende. Certains aspects m’ont immédiatement frappé, comme la silhouette sombre - presque irréelle - et cette posture, accroupie devant l’eau, en train d’observer des cercles concentriques formés à sa surface. L’image me détendait autant qu’elle ne m’agitait : qui était cette figure vue de dos, dans une pose néoromantique, que je me retrouvais à regarder avec la sensation de l’espionner dans un moment de grande intimité ? Qu’y avait-il de si mémorable dans ces ondulations d’eau ?

Je réalisais que le titre, dans sa littéralité prosaïque, était peut-être la meilleure façon d’entrevoir un sens à l’action : Tentativo di far formare dei quadrati invece che dei cerchi attorno a un sasso che cade nell’acqua (1969)1. L’auteur de la tentative était Gino De Dominicis (Ancône, 1947 - Rome, 1998) et l’image le still d’une vidéo dans laquelle l’artiste jetait dans l’eau, de temps en temps, de petites pierres, dans le but déclaré de modifier la circularité des ondes, en les transfigurant en formes carrées. Dépasser les lois de la physique ; subvertir la “perfection” du cercle en la renversant par celle du carré ; créer une dialectique entre deux formes archétypales et, en quelque sorte, complémentaires (le carré représente, entre autres, l’espace, la stabilité, la dimension terrestre ; le cercle, en revanche, rappelle le temps, la mobilité, la sphère céleste...) : Gino De Dominicis était en train de réaliser un exercice philosophique, un test empirique et plus seulement une spéculation conceptuelle.

Les images suggèrent que le miracle n’a pas eu lieu. Un échec, un trou dans l’eau : le même produit par la pierre jetée qui coule au fond. Mais De Dominicis - dont les recherches ont été constamment marquées par une attraction pour l’immortalité et un dépassement des limites imposées par l’ordre naturel2 - ne nous dit pas comment se termine l’expérience. La vidéo montre en effet les ondes en expansion, jusqu’à ce qu’elles dépassent le cadre de l’image. Nous le savons, bien sûr : nous savons ce qu’il adviendra de ces ondulations, mais nous ne pouvons pas nous empêcher d’espérer que la tentative dominicisienne soit couronnée de succès. La tentative de De Dominicis aurait-elle pu être le trou dans l’eau le plus réussi de l’histoire de l’art contemporain ?

Plus récemment, j’ai rencontré un autre “trou” réalisé par un artiste. Il s’agit d’une action de Cesare Pietroiusti (Rome, 1955), Senza titolo,3 présentée à plusieurs reprises, l’ultime - à laquelle j’étais présent - durant l’été 20194. Que faisait l’artiste ? Comme dans la Tentativo de Gino De Dominicis, l’idée part d’un geste simple - apparemment à la portée de tous - et en même temps radical : Pietroiusti commence par brûler une feuille de papier5, en partant du centre, et produisant ainsi une combustion contrôlée qui amène la feuille à se consumer lentement, du centre vers l’extérieur. L’action est répétée plusieurs fois de suite, sur différentes feuilles de papier : une fois que la feuille de papier commence le processus de combustion, l’artiste la place en position verticale sur une surface et laisse les événements suivre leur cours, jusqu’à ce que la flamme soit complètement épuisée. Tout cela se passe dans une pièce sombre : dès que le visiteur y pénètre, il réalise une expérience sensorielle désorientante, dans laquelle ses seules références sont l’odeur âcre de la fumée et l’aura rougeâtre générée par la combustion progressive du papier, qui produit des formes circulaires en expansion à la surface de la feuille. Comme un dessin créé par le hasard.

Non ricordo se la vidi proiettata durante una lezione di arte contemporanea all’università, o altrove, se riprodotta in qualche rivista o semplicemente navigando in rete. Non feci particolarmente caso alla didascalia. A colpirmi furono da subito alcuni aspetti, in particolare la silhouette scura – quasi irreale e “scontornata” rispetto al resto – e quella postura, accovacciata di fronte a uno specchio d’acqua, nell’atto di osservare alcuni cerchi concentrici formatisi sulla superficie. L’immagine mi rilassava e agitava allo stesso tempo: chi era quella figura colta di spalle, in una posa neoromantica, che mi ritrovavo a guardare con la sensazione di spiarla in un momento di grande intimità? Cosa c’era di così memorabile in quelle increspature d’acqua?

Realizzai che il titolo dell’azione, nella sua prosaica letteralità, era forse il miglior modo per infilarsi in un pertugio di senso: Tentativo di far formare dei quadrati invece che dei cerchi attorno a un sasso che cade nell’acqua (1969). L’autore del tentativo era Gino De Dominicis (Ancona, 1947 – Roma, 1998) e l’immagine lo still di un video in cui l’artista, di tanto in tanto, gettava dei piccoli sassi in acqua, con l’obiettivo dichiarato di alterare la circolarità delle onde, trasfigurandola in forme quadrate. Superare le leggi fisiche; sovvertire la “perfezione” del cerchio sostituendola con quella del quadrato; creare una dialettica tra due forme archetipiche e, per certi versi, complementari (il quadrato rappresenta, tra le altre cose, lo spazio, la stabilità, la dimensione terrestre; il cerchio, invece, richiama il tempo, la mobilità, la sfera celeste…): Gino De Dominicis stava svolgendo un esercizio filosofico, testandolo empiricamente e non soltanto sul piano delle speculazione concettuale.

Le immagini lasciano intendere che il miracolo non avvenne. Un fallimento, un buco nell’acqua: lo stesso prodotto dal sassolino lanciato che cola a picco sul fondale. Ma De Dominicis – la cui ricerca fu costantemente contraddistinta dalla tensione all’immortalità e al superamento dei limiti imposti dall’ordine naturale1 – non ci dice come va a finire l’esperimento. Il video, infatti, mostra l’onda che si allarga, fino a uscire dai limiti dell’inquadratura. Lo sappiamo, certo: sappiamo che fine faranno quelle increspature, ma non possiamo non sperare che il tentativo di De Dominicis vada a buon fine.

Che il tentativo di De Dominicis sia stato il più riuscito buco nell’acqua della storia dell’arte contemporanea?

In tempi più recenti, ho avuto modo d’incontrare un altro “buco d’artista”. Si tratta di un’azione di Cesare Pietroiusti (Roma, 1955), Senza titolo, presentata in più di una occasione, l’ultima delle quali – ero presente – nell’estate del 20192. Che cosa ha fatto l’artista in questo caso? Come nel Tentativo di Gino De Dominicis, l’idea parte da un gesto semplice – apparentemente alla portata di tutti – e insieme radicale: Pietroiusti comincia col bruciare un foglio di carta3 a partire dalla parte centrale, producendo una combustione controllata che porta il foglio a consumarsi lentamente, dal centro verso l’esterno. L’azione viene ripetuta più volte di seguito, su fogli diversi: una volta che il foglio comincia il processo di combustione, l’artista lo appoggia in posizione verticale su una superficie e lascia che gli eventi facciano il loro corso, fino al completo esaurimento della fiamma. Il tutto avviene in una stanza in penombra: non appena vi accede, il visitatore è sottoposto a un’esperienza sensoriale spaesante, in cui gli unici riferimenti sono l’odore pungente del fumo e l’aura rossastra generata dalla graduale combustione della carta, che produce delle forme circolari in espansione sulla superficie del foglio. Quasi un disegno voluto dal caso.

 

Il est curieux de voir qu’il y a des affinités et des divergences entre cette action et celle de De Dominicis. L’allumette de Pietroiusti est en quelque sorte la pierre De Dominicis : les deux sont des déclencheurs, des agents que l’artiste utilise pour changer un ordre donné (par ailleurs, les actions sont réalisées par un geste qui ne semble pas présenter une grande complexité). De ces deux objets une autre correspondance produit des effets analogues : des formes circulaires en expansion. De Dominicis et Pietroiusti, enfin, ont tous deux eu recours à l’énergie et à la force de deux “éléments”, l’eau et le feu.

Cependant, les intentions des artistes semblent diverger sensiblement. Alors que le “test” de De Dominicis va dans le sens d’une subversion miraculeuse, qui dépasse les lois de la physique, Pietroiusti semble embrasser ces mêmes limites. Senza titolo est, essentiellement, un travail sur l’entropie. L’idée de dispersion - à la limite de la dissipation ? - se manifeste également grâce à un aspect qui complète la performance. A la fin de l’action, une partie des feuilles de papier, brûlées et trouées en leur milieu, est offerte au public qui, une fois la lumière allumée, peut se rendre compte d’un détail. Chaque feuille de papier a été auparavant numérotée et "marquée" avec une légende détaillée :

questo disegno è, allo stato attuale, incompleto, e non può essere considerato opera d’arte a tutti gli effetti per completarlo il possessore si impegna a bruciare l’intero foglio ogni altro riferimento a questo disegno come opera d’arte va considerato non valido6

Un véritable contrat qui voit la réalisation ultime de l’œuvre d’art dans sa destruction, questionnant son statut et sa valeur économique.

Même la “durée ressentie” des deux interventions est presque antithétique : la performance de Pietroiusti est conçue pour se consommer - pour “brûler” littéralement - et a une échéance sans équivoque ; l’action de De Dominicis suggère plutôt un cycle étendu, vers une boucle infinie. Devant la Tentativo, on a l’impression d’une image éternisée. 

La distinction nette se joue également sur d’autres fronts : Pietroiusti semble mettre en scène un rituel archaïque, tandis que celui de De Dominicis semble plus proche d’une expérience scientifique rudimentaire ; les cercles produits par la pierre dans l’eau sont parfaitement ronds, tandis que les trous générés par la combustion du papier sont irréguliers ; la performance de Pietroiusti est physique, sensorielle, expérientielle, en quelque sorte relationnelle, tandis que celle de De Dominicis - non conçue en présence d’un public - a la bidimensionnalité d’une icône.

Différentes, mais au fond intimement liées, les deux actions ont à voir avec la (im)possibilité d’annuler l’entropie, avec l’imprécision et les limites qui caractérisent l’existence, avec les “trous” de l’être humain. Deux merveilleuses œuvres vivantes.

È curioso vedere come ci siano affinità e divergenze tra quest’azione e quella di De Dominicis. Il fiammifero usato da Pietroiusti è in qualche modo assimilabile al sasso “dedominicisiano”: sono entrambi degli inneschi, degli agenti di cui l’artista si serve per cambiare un dato ordine (oltretutto attraverso un gesto che non sembra presentare grandi complessità). Ed entrambi, altra corrispondenza, producono effetti analoghi: delle forme circolari in espansione. Sia De Dominicis che Pietroiusti, infine, hanno fatto ricorso all’energia e alla forza di due “elementi”, l’acqua e il fuoco.

Tuttavia, le intenzionalità degli artisti sembrano divergere sensibilmente. Mentre il “test” di De Dominicis va nella direzione di una sovversione miracolosa, che supera le leggi della fisica, Pietroiusti sembra abbracciare quegli stessi limiti. Senza titolo è, essenzialmente, un lavoro sull’entropia. L’idea di dispersione – al confine con la dissipazione? – è evidente anche grazie a un aspetto che completa la performance. Al termine dell’azione parte dei fogli di carta, bruciati e con dei vistosi buchi al centro, è offerta in dono al pubblico che, a luci accese, può rendersi conto di un dettaglio. Ogni foglio utilizzato è stato precedentemente numerato, firmato e “marchiato” con una robusta didascalia:

questo disegno è, allo stato attuale, incompleto, e non può essere considerato opera d’arte a tutti gli effetti per completarlo il possessore si impegna a bruciare l’intero foglio ogni altro riferimento a questo disegno come opera d’arte va considerato non valido

Un vero e proprio contratto che vede la realizzazione ultima dell’opera d’arte nella sua distruzione, mettendone in crisi lo statuto e il valore economico.

Anche la “durata percepita” dei due interventi è quasi antitesi: la performance di Pietroiusti è fatta per consumarsi – per “bruciare”, letteralmente – e ha un termine inequivocabile; l’azione di De Dominicis suggerisce invece una ciclicità espansa, tende a un loop infinito. Di fronte al Tentativo, si ha l’impressione di un’immagine eternata. 

La netta distinzione si gioca anche su altri ambiti: Pietroiusti sembra mettere in scena un rituale arcaico, mentre quello di De Dominicis appare più vicino a un rudimentale esperimento scientifico; i cerchi prodotti dal sasso nell’acqua sono di una rotondità perfetta, mentre i buchi generati della combustione della carta sono frastagliati e irregolari; la performance di Pietroiusti è fisica, sensoriale, esperienziale, per certi versi relazionale, mentre quella di De Dominicis – non concepita in presenza di un pubblico – ha la bidimensionalità di un’icona.

Differenti, ma in fondo affratellate, le due azioni hanno a che fare con la (im)possibilità di annullare l’entropia, con le imprecisioni e i limiti che caratterizzano l’esistenza, con i “buchi” dell’essere umano. Due meravigliose opere viventi.

  • Saverio Verini, commissaire d’exposition, Rome.
  • Saverio Verini, curator, Rome.
  • Saverio Verini, curatore, Roma.